Monique Aubry : Une gestion empathique et humaine

Monique Aubry - Le Jalon

C’est avec grand plaisir que l’équipe du Jalon présente cet article qui ne fut possible sans la collaboration de Nicolas Drolet — étudiant à la maîtrise en gestion de projet dans le profil recherche. Monique Aubry, ayant marqué et développé les connaissances sur la gestion de projet, a également participé aux balbutiements et au développement de l’initiative de notre webzine : Le Jalon.

Les apports de Mme Aubry dans le domaine offrent l’opportunité à tout passionné de réfléchir sur la gestion de projet, et ce, aussi bien en recherche qu’en pratique.

Suivant la présentation du séminaire de recherche en l’honneur de ses contributions académiques et professionnelles, la professeure titulaire au Département de Management et Technologie de l’ESG à l’UQAM s’est entretenue avec Le Jalon.

Passionnée des grandes organisations, Monique Aubry a démarré sa carrière professionnelle dans le domaine des Technologies de l’information, puis en gestion de projet en travaillant dans une organisation, auprès d’un fleuron québécois du secteur des finances. Intéressée à développer ses connaissances en gestion de projet, elle a complété une Maîtrise puis une thèse au sujet de la contribution organisationnelle des bureaux de projet. Elle a ensuite fait carrière dans le monde académique et s’est démarquée par son intérêt envers les bureaux de projet.

La gestion empathique et humaine dans les projets ainsi que l’authenticité et l’originalité en recherche peuvent convenablement résumer l’essence de notre entretien.

Une gestion empathique et humaine

Lors de notre échange, nous avons questionné Monique Aubry sur les compétences et comportements retrouvés chez le gestionnaire de projet idéal.

Selon son expérience et ses leçons apprises, un gestionnaire de projet se doit de développer un véritable savoir-être. Elle mise sur l’empathie, car tout gestionnaire doit gérer des individus. Effectivement, travailler avec les gens résulte à des problématiques sociales et relationnelles. Il importe donc de se rapprocher des membres de son équipe et des parties prenantes qui exécutent le travail afin d’apporter les bonnes solutions et d’assurer la meilleure performance de l’organisation.

Selon Mme Aubry, la maturité en gestion de projet repose notamment sur une compréhension des personnes qui seront touchées de près par les projets organisationnels. Il faut être en mesure d’anticiper les répercussions du livrable final d’un projet afin d’éviter les problématiques humaines. Ainsi, il importe non seulement de développer la performance de l’organisation, mais également celle des employés.

Toujours sur le savoir-être, Mme Aubry estime qu’un gestionnaire de projet se doit d’être conscient du contexte d’un projet, que ce soit au niveau du cycle de vie que le type de projet. Effectivement, elle nous a partagés que, parfois en gestion, l’accent doit être mis sur le contrôle afin d’atteindre les objectifs alors qu’à d’autres moments, tel qu’en début de projet, il faut davantage se montrer flexible et éviter d’être contrôlant.

L’originalité et la passion en recherche

Mme Aubry ayant débuté par un Doctorat en gestion de projet sur le sujet des Bureaux de projets dans les organisations, c’est par l’originalité, la curiosité, la passion et surtout la persévérance qu’elle s’est taillé une place dans le corps professoral du département du Département de management et technologie de l’École de sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal. Elle s’est également démarquée par la publication d’articles dans les revues scientifiques spécialisées sur le management et la gestion de projet.

L’intérêt académique de Monique Aubry sur le design organisationnel, et particulièrement les bureaux de projets organisationnels, s’est développé par son cheminement en tant que praticienne de la gestion de projet. Étant elle-même membre cofondatrice de la Communauté de pratique sur les Bureaux de projet du PMI-Montréal, elle nous a partagés qu’elle était curieuse de comprendre l’instabilité et la tension chez les professionnels dans les organisations et envieuse d’aider les gestionnaires de projets à travailler sur les problématiques des Bureaux de Projet.

Son expérience dans la Communauté de pratique sur les Bureaux de projets aurait joué un rôle crucial dans sa carrière en tant que chercheuse. En effet, cela lui aurait permis de comprendre empiriquement les problématiques puis de développer son savoir et ses connaissances sur les Bureaux de Projet. Par ailleurs, ses résultats ont connu un succès retentissant et furent copubliés avec Brian Hobbs et Denis Thuillier dans des revues scientifiques, soit l’International Journal of Project Management et le Project Management Journal. À ce sujet, elle estime que les Bureaux de Projet et le design organisationnel sont des sujets assez nouveaux qui méritent davantage d’attention puisqu’il reste beaucoup à comprendre et découvrir de ceux-ci.

Nous avons aussi profité de l’occasion pour solliciter les conseils de Monique Aubry pour ceux et celles ayant un intérêt de recherche dans le domaine de la gestion de projet et susceptibles de pivoter vers une carrière académique. Selon elle, il est important de développer ses recherches sur des fondements théoriques afin d’apporter une meilleure compréhension d’un phénomène. Pour les chercheurs en gestion de projet, il s’agit d’une aventure relativement récente. D’un point de vue personnel, elle estime aussi que pour comprendre les phénomènes sociaux et humains en sciences sociales, un chercheur aurait beaucoup à gagner en optant pour une méthode qualitative plutôt que quantitative. Selon ses expériences dans ses recherches, la méthode qualitative permet d’expliquer et de donner du sens aux problématiques sociales dans les organisations. Autrement dit, pour Monique Aubry, les fondements théoriques et la méthodologie qualitative permet de mieux comprendre, de mieux expliquer les problématiques sociales et donc, d’accomplir plus fidèlement les responsabilités d’une ou d’un chercheur.