Étudier à l’étranger: une opportunité à saisir

Julien Pelletier-Bureau – Octobre 2017

Demandez à tous ceux qui l’ont osé, partir à l’étranger lors de ses études est définitivement un atout, autant pour l’épanouissement personnel que le développement académique et professionnel. Les études sont également une période où explorer est primordial et partir suivre une session à l’international est un moyen idéal, en plus d’être une corde à son arc d’une haute valeur sur le marché du travail. Entrevue avec Vicky Lapointe, diplômée de la maitrise en gestion de projet (MGP) de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM (ESG UQAM), qui n’a pas hésité à  voyager en Allemagne pour diversifier et compléter son parcours académique.


Vicky Lapointe est nouvellement diplômée à la maîtrise en gestion de projet et détentrice d’un  baccalauréat en administration des affaires de l’ESG UQAM. Passionnée et audacieuse, elle poursuit l’objectif d’avoir un impact significatif et positif sur le monde qui l’entoure. Elle est aujourd’hui chargée de projet au développement économique pour une municipalité régionale de comté (MRC). Vicky a gracieusement accepté de répondre à nos questions sur son expérience à l’étranger.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours académique? Qu’est-ce qui vous a mené vers la MGP ?

Lors de mon baccalauréat, j’étais impliquée dans plusieurs projets. J’ai notamment participé aux jeux du commerce et à la Relève publicitaire. Durant cette période, quelques collègues avec qui je collaborais étaient étudiants à la MGP. C’est à ce moment que j’ai pris connaissance qu’il était possible d’aller chercher des compétences supérieures en gestion; une manière de travailler structurée et tangible. Cela m’a motivé à m’inscrire au 2e cycle, le gestion de projet et la «façon de voir le monde» venant avec concordaient exactement avec mes ambitions et mes objectifs professionnels.

Quelle est votre situation professionnelle actuelle? Quel est votre quotidien?

Je suis présentement chargé de projets au développement économique pour une MRC du Grand Montréal regroupant 11 municipalités. Cela implique de représenter les intérêts économiques et de favoriser le développement de ces 11 municipalités. Ce qui est intéressant, c’est que je ne fais pas tous les jours de la gestion de projet traditionnelle. Je vais plutôt utiliser mes compétences pour guider et soutenir les différents intervenants des MRC qui doivent mener des projets pour consolider leurs relations économiques, ou encore développer de nouveaux attraits tels que des événements. Je pense ma «vision gestion de projet», plus méthodique, est ma plus grande force.

Quels sont les motifs qui vous ont poussé à faire un échange à l’international?

Ayant fait mon baccalauréat en accéléré, je n’ai même pas songé à faire un échange à ce moment. Après avoir débuté la maitrise, plusieurs collègues qui entamaient leur dernière session m’ont beaucoup informé et vendu le fait qu’eux-mêmes partaient faire un séjour à l’étranger pour terminer leur maitrise. Autrement, la culture et la langue de l’Allemagne m’avaient toujours attirée, je n’avais jamais voyagé durant une longue période et bien sûr, c’était une certaine occasion de visiter l’Europe. Ajoutés à la flexibilité du programme qui offre aux étudiants de partir suite à leurs deux stages, ces facteurs ont tous augmenté mon désir de partir à mon tour. Finalement, le programme de bourses auquel j’étais éligible a beaucoup contribué. Je ne voulais pas faire un choix risqué en prenant la décision de voyager, mais avec les stages précédant le séjour et les bourses, partir n’était plus trop problématique financièrement parlant.

Parlez-nous de votre expérience générale? Pouvez-vous nous en dire plus sur votre université et votre milieu d’échange? Une journée typique?

J’ai étudié dans la ville de Leipzig, à l’HHL Leipzig Graduate School of Management, l’une des plus vieilles universités de l’Allemagne. J’aime bien l’appeler le Sherbrooke de Berlin! C’est une superbe ville étudiante, quelque peu alternative et où le coût de la vie était peu élevé. Très vivante et pleine de culture, le milieu de vie était très stimulant. HHL est une université totalement anglophone où seulement des diplômes de cycles supérieurs sont attribués. Ce qui était particulier, et intéressant du même coup, c’est que nous étions seulement 20 étudiants en échange. Cela fait en sorte que les gens apprennent à se connaître très rapidement. Étant une des universités en gestion les plus internationales d’Allemagne, mon groupe était constitué d’étudiants provenant des quatre coins du monde. Par ailleurs, cela m’a appris à être confronté à des méthodes de travail et de communications totalement différentes. Malgré le certain choc culturel ressenti au départ, l’hétérogénéité de notre groupe m’a offert des perspectives différentes quant aux manières de fonctionner en équipe.

Mes journées étaient assez chargées. J’étais inscrit à sept cours, l’équivalent de trois cours ici. La plupart de mon temps était occupé par des rencontres d’équipe et des séances de présentation. L’horaire était plutôt serré, nous avions souvent plusieurs présentations à livrer. Ce choix d’avoir un horaire très chargé était personnel et plutôt en fonction de mon université. Il y a plusieurs «types d’échange» et cela dépend de ce que chacun recherche lors de son séjour. Évidemment, je pouvais aussi passer beaucoup de temps avec les étudiants avec qui j’étais en échange. Le social était très important et faisait partie de la vie allemande. Nous nous baladions souvent et participions aux événements culturels de la ville.

Qu’est-ce que votre échange vous a-t-il le plus rapporté? En quoi votre séjour à l’international a-t-il changé votre vie? Que retenez-vous le plus?

Première des choses, mon emploi actuel. Mes employeurs ont été clairs et honnêtes, mon profil les a beaucoup intéressés, notamment pour mon échange étudiant. Même sans «grande» expérience professionnelle, je suis ressortie du lot pour mon séjour à l’étranger, qui été perçu comme une expérience tout autant valable, et ce, car ils recherchaient quelqu’un qui pouvait avoir une nouvelle vision. Selon moi, étudier à l’étranger ajoute un poids, un élément distinctif et concret lorsque l’on entre sur le marché du travail. Sur le plan plus personnel, il y a bien sûr ma grande amélioration de la langue anglaise. Aujourd’hui non négligeable, je suis revenue énormément fonctionnelle, autant au parler qu’à l’écrit. Sinon, je pense que ce séjour m’a permis de prendre du temps pour moi, de prendre un recul. J’ai pu me recentrer sur que je voulais vraiment, vers où je désirais réellement me diriger pour ma carrière. Être dans un autre pays met les choses en perspective et permet de se recentrer. De plus, j’ai gardé contact avec quelques collègues, dont une bonne amie taïwanaise que j’aimerais beaucoup aller visiter prochainement.

Que conseillerez-vous à un étudiant qui se prépare à participer à un séjour d’études à l’étranger? 

Prenez en compte le coût de renonciation qui peut être plutôt grand. Pour ma part, je devais considérer plusieurs choses ici, dont mon appartement. Donc, planifier à l’avance est le secret. Chose sûre, il vaut mieux «s’en mettre plus» de côté, prévoir un «au cas où». J’ai pu me trouver un logement à l’avance et tous mes papiers étaient en ordre, surtout sur le plan légal. N’hésitez pas à poser des questions aux ressources sur place s’il vous manque des informations ou si ce n’est pas clair, elles sont là pour vous. N’oubliez pas votre passeport avant de partir!!!

Je dirais aussi qu’il faut être prêt au rythme que partir à l’étranger impose, autant avant le départ que lors de l’échange, tout dépendant du milieu d’échange choisi. Faire un stage, plus suivre quelques cours et avoir une vie personnelle avant de partir peut être assez «Rock’n’Roll», comme l’ensemble de la maitrise par ailleursCela dépend aussi de l’université et le «type» d’échange que vous voulez mener. De mon côté, revenir avec des compétences additionnelles était mon objectif premier.

Gardez toujours le goût de l’aventure, prenez le temps de relaxer et de chasser l’anxiété inutile, c’est une superbe expérience qui vous attend. Vivez-le comme vous le désirez, comme une étape dans votre vie, autant pour aller chercher un bagage académique que personnel.

Finalement, même si revenir sans emploi peut être stressant, partir à l’étranger m’a fait prendre conscience que choisir la facilité n’est pas nécessairement la meilleure option. J’ai réalisé que je voulais œuvrer dans un domaine qui me passionnait, et ce, même aux dépens d’une offre d’emploi dans un milieu de stage. Soyez tenaces et prenez le temps de rechercher un emploi qui vous ressemble.

Visiter le site des séjour à l’international de l’ESG UQAM