Réal Laporte : La croissance d’une carrière

« Diplômé de la maîtrise en gestion de projet, président d’Hydro-Québec Équipement et services partagés et, président-directeur général (PDG) de la Société d’énergie de la Baie James (SEBJ), c’est avec grand intérêt que monsieur Laporte a accepté d’accorder une entrevue au Jalon, afin de nous partager son parcours qui pourrait en inspirer plusieurs. »


Quel est votre parcours professionnel?

Ayant gradué en 1985 de l’École de technologie supérieure, j’ai débuté ma carrière en travaillant pour des entrepreneurs en construction. En 1988, j’ai été embauché chez Hydro-Québec comme responsable de chantiers en réfection de centrales, au Témiscamingue. Par la suite, j’ai été chef de travaux pour divers projets de réfection, puis chef de projets pendant ma maîtrise pour les projets de réfection des aménagements hydroélectriques sur les rivières Gatineau et de l’Outaouais. À titre de gérant de projets, j’ai été responsable du développement et de la réalisation des nouveaux aménagements de production hydroélectrique qui nous étaient confiés.

En 2002, j’ai été nommé directeur des projets de l’Eastmain et responsable de la réalisation du projet de l’Eastmain-1 et, du développement du projet de l’Eastmain-1-A-Sarcelle-Rupert. Ce dernier a été complété ces dernières années. En 2005, j’ai été nommé président d’Hydro-Québec Équipement et président-directeur général de la SEBJ. En 2010, il m’a été attribué la responsabilité du Centre de Services partagés pour Hydro-Québec.

L’axe projets de la division que je dirige, est chargé de concevoir et de mettre en œuvre les projets de réfection et de construction d’équipements de transport et de production d’électricité pour Hydro-Québec. De plus, par l’intermédiaire du Centre de Services partagés, nous offrons les services de gestion immobilière, de gestion du matériel (stocks), d’approvisionnement, et nous gérons la flotte de véhicules d’Hydro-Québec. La SEBJ, quant à elle, réalise des projets de nouveaux aménagements hydroélectriques sur le territoire couvert par la Convention de la Baies James et du Nord québécois, au nord du 49e parallèle.

Pourquoi avoir suivi la maîtrise en gestion de projet et comment celle-ci vous a-t-elle aidée dans votre travail?

La maîtrise a été un bon levier pour moi. Occupant des fonctions de chef de projet durant mes études à la maîtrise, j’étais responsable d’une trentaine de projets, simultanément. Il y en avait toujours au moins un qui était soit en démarrage, en avant-projet, en phase d’autorisation ou en phase projet. Ainsi, j’ai pu constamment tester et souvent, intégrer à ma gestion, les notions apprises en classe.

Bien que les outils et techniques en gestion de projet se soient avérés utiles, c’est principalement pour le « soft side » que je me suis inscrit à cette maîtrise; d’abord à l’UQTR et ensuite, à l’UQAM. Je voulais m’améliorer dans la gestion d’équipes et expérimenter différentes approches, en réalisant des travaux d’équipe avec des gens qui n’étaient pas nécessairement en ingénierie (ex. : projet d’alphabétisation, d’informatique, etc.). Les projets de nature sociale m’intéressaient. C’était assez loin de ce que j’étais habitué à faire mais, force est d’admettre que la capacité de pouvoir intégrer les préoccupations sociales au développement des projets d’infrastructures revêt aujourd’hui une grande importance. Certaines préoccupations, lorsque bien définies, s’ajoutent même aux critères de conception de certaines infrastructures. À titre de gestionnaire de projet, il faut avoir cette sensibilité et cette ouverture pour concevoir le meilleur projet possible, qui tienne compte du territoire et de son occupation.

Quels sont les enjeux auxquels vous êtes confrontés et comment y faites-vous face?

Nous sommes dans un environnement d’affaires complexe et en constante évolution. De plus, le renouvellement de nos équipes est en cours.

Pour nous, il est important de contribuer au maintien et au développement d’un écosystème efficient à long terme pour nos projets : équipementiers, ingénieurs, spécialistes de l’environnement, entrepreneurs, universités, etc. Ceci permet, outre de favoriser coup sur coup, la réalisation rapide de nos projets au meilleur coût total et avec la performance recherchée, de former la relève et de continuer à améliorer notre performance.

Quelles seraient vos recommandations pour les futurs gestionnaires de projet?

D’abord, de s’informer afin de bien comprendre le milieu où l’on développera et réalisera un éventuel projet.

Ceci implique également d’avoir de l’ouverture et d’être inclusif, et ce, très tôt dans le cycle de développement d’un projet, de façon à s’assurer que les préoccupations des parties prenantes soient arrimées avec ceux du projet, pour maximiser les bénéfices et de minimiser les inconvénients du projet à en devenir.

Il faut être curieux et développer un réseau d’affaires qui permet d’avoir des échanges qui font évoluer nos perceptions, nous informent, et vice-versa.

Je pense que le gestionnaire de projet doit bien connaître le domaine dans lequel il œuvre. Dans le cas contraire, cette curiosité-là devient encore plus importante. Dans tous les cas, il faudra qu’il s’entoure de gens talentueux et qui désirent réussir ce qu’ils entreprennent dans la recherche de l’excellence.

Rédigé en novembre 2014

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