Quand la montagne devant soi est perçue plus grande que nature… que faire?

Marie-Claude Petit, Ph.D.

Marie-Claude Petit est chargée de cours au sein des programmes de 2e cycle en gestion de projet à l’ESG UQAM, depuis 2012. Détentrice d’une M. Sc. en gestion de projet de l’ESG UQAM et d’un Ph.D. en génie industriel de Polytechnique Montréal, ses intérêts de recherche portent entre autres, sur la gestion des ressources humaines des professionnels très qualifiés et le management des équipes. Elle agit aussi comme conseillère en gestion de projet et méthodes qualitatives de recherche auprès de différents organismes.


« Pour un gestionnaire de projet faisant face à des défis qu’il estime démesurés, le sur place n’est pas une option. Entreprendre une démarche de coaching professionnel ? Pourquoi pas ! »

Les raisons qui conduisent les gestionnaires de projet (GPJ) à consulter un coach de gestion sont multiples : décisions importantes à prendre, défi prioritaire à relever, situation complexe ou ambiguë à clarifier. Ce peut aussi être le besoin de développer une compétence-clé, comme la motivation d’une équipe, la communication efficace, l’intelligence émotionnelle, etc.

Démarche progressive et sur mesure

D’entrée de jeu, chez Forté Capital Humain, les GPJ bénéficient de l’oreille attentive de leur coache, Caroline Boutin, fondatrice de l’entreprise. «Avant d’être disposés à m’entendre et à échanger, ils ont beaucoup à me dire au sujet des évènements qu’ils vivent», explique cette passionnée du développement humain qui est aussi consultante et GPJ spécialisée en développement organisationnel depuis 1999.

«Les GPJ sont tétanisés par le spectre de l’échecIls craignent de décevoir ceux qui croient en eux, ceux qui les voient comme des super héros de la gestion de projet. Ainsi, ils savent que s’ils échouent, leur tête roulera. Tout l’inverse de la tape dans le dos de celui qui a réussi à livrer la marchandise à satisfaction !»

Pour aider les GPJ à catalyser leur énergie, madame Boutin privilégie une approche adaptée à la personnalité et à la situation de chacun. La consultation débute généralement par une activité qui les incite à communiquer leurs sentiments.

«À partir d’un dessin, d’un jeu de rôles, d’une construction, beaucoup de choses peuvent être exprimées, spécifie la diplômée de la MGP (ESG UQAM, 2004). Avec les briques Méga Blocks ®, par exemple, un GPJ va construire une tour ou une structure multidirectionnelle, un autre les empilera pêle-mêle, tandis que d’autres vont énergiquement lancer toutes les pièces au sol ! Leurs actions reflètent leur état psychologique. Au préalable, il m’importe de connaître ce qu’elles représentent pour eux afin que nous puissions enclencher une discussion porteuse pendant les six mois que dure l’accompagnement.»

Se décoller le nez de l’arbre

Une fois cette première étape passée, les GPJ sont plus disposés à imaginer ce qu’ils feraient dans un monde idéal, comme s’ils avaient une «baguette magique», pour se rendre du point A au point B.

«Je les aide à prendre le recul nécessaire, à se décoller le nez de l’arbre, à se visualiser dans un futur où tout serait possible, explique à dessein la coach interviewée. Question de mieux départager les émotions des actions concrètes à entreprendre. Des actions génératrices d’idées nouvelles et (ré)énergisantes pour eux.

«Plus encore, je les accompagne pour qu’ils aillent à la rencontre de l’être sous le personnage qu’ils incarnent professionnellement. C’est-à-dire de (re)connecter avec l’humain qui a des doutes, des craintes, et oui, des limites ! Les GPJ doivent prendre conscience qu’il est normal de ne pas toujours arriver à ses fins», soutient madame Boutin.

D’une séance à l’autre, les GPJ vont se fixer des objectifs ‘adaptés’ à leurs besoins. «Un des buts du coaching est d’amener les gestionnaires à voir le monde qui les entoure autrement, à transformer les doutes qui les habitent en énergie et en actions positives.»

Enfin, au terme de leur démarche, les GPJ dressent le bilan de leurs apprentissages et établissent les actions concrètes à mettre de l’avant pour la bonne suite de leur carrière.

Clé du succès du coaching de gestion

La clé du succès d’un tel accompagnement repose sur le désir des GPJ de changer et d’évoluer vers autre chose. «Le coaching de gestion est une approche globale. La démarche, qui est axée sur l’atteinte de résultats concrets, s’apparente aussi à la gestion de projet : sa structure et sa durée varient selon des objectifs définis. Et c’est par l’application de techniques simples et d’outils pratiques que le GPJ parvient à humainement atteindre son plein potentiel», conclut madame Boutin.

Rédigé en novembre 2014