Le regard d’un gestionnaire de projet chevronné

Martin Gernsheimer, PMP

Martin Gernsheimer est un professionnel passionné de la gestion de projet, de la formation et de la gestion du changement. Il est présentement directeur de projet à la Banque Nationale du Canada, avec une expérience en gestion de projet de plus de 11 ans.


« Un entretien avec Martin Gersheimer regarde son parcours et comment la maîtrise en gestion de projet de l’ESG UQAM affecte positivement sa carrière. »

Quel a été votre cheminement avant cet emploi?

Je suis dans ce poste depuis bientôt un an, mais je travaille à la banque comme directeur de projet depuis deux ans et demi. Avant cela, je travaillais dans une firme de génie-conseil comme gestionnaire de projet où j’avais des responsabilités de PMO et de gestionnaire de projet pour le volet gestion du changement lors d’une implantation SAP. J’implantais et faisais le suivi des processus et des outils de gestion de projet. Je formais et coachais aussi l’ensemble des gestionnaires de projet de la compagnie. Avant cela, j’étais chez Rogers Communications comme gestionnaire de projet.

Qu’est-ce qui vous motive le plus dans le métier de gestionnaire de projet?

La polyvalence, le dynamisme et le changement constant me motivent. D’un projet à l’autre, tout change. J’aime le rythme des projets réglé par la livraison de résultats. Aussi, l’équilibre entre l’aspect technique et humain me motive encore aujourd’hui.

Quels outils/méthodologies vous sont le plus utiles dans la gestion des équipes et la gestion de projet?

À travers ma carrière, les plus utiles pour moi ont été le PMBOK et les autres manuels, le registre de risque, les échéanciers (MsProject) et aussi l’ensemble des cours de la maîtrise où l’on apprend énormément. Tous les gestionnaires de projet devraient poursuivre des études en gestion de projet afin d’avoir une compréhension globale de celle-ci.

Comment la maîtrise en gestion de projet vous a aidé dans votre travail?

La diversité des domaines de travail des étudiants à la maîtrise professionnelle élargit nos horizons et notre vision. Elle augmente notre culture générale par rapport à la gestion de projet. Habituellement, notre vision reste dans notre domaine, limitant la production de nouvelles idées et façon de faire, alors qu’avec les cours et la diversité de domaines, je repars avec un large coffre à outils en gestion de projet.

Quels sont les plus gros défis que vous rencontrez dans votre travail? Comment y faites-vous face?

La gestion des attentes et des parties prenantes en fonction du rythme du changement et l’envergure des projets sont mes plus gros défis. En somme, ces derniers sont plutôt de nature humaine et non technique.

Plus le projet est gros, plus les parties prenantes seront nombreuses. La communication au niveau des parties prenantes est essentielle. Il est souvent difficile de voir venir les perturbations, car des décisions nous tombent parfois dessus pour de bonnes raisons. Il faut essayer d’être proactif et d’impliquer les parties prenantes le plus tôt possible et aussi souvent que possible.

Y a-t-il un nouveau tournant ou une nouvelle méthode que vous aimeriez essayer ou, que vous voyez, qui pourrait vous aider dans votre travail?

Je souhaiterais voir comment appliquer la méthodologie agile, dans des projets de type traditionnels. Le rythme des projets et le nombre de projets d’envergure augmentent dans plusieurs domaines et, je suis curieux de voir comment adapter une méthodologie plus flexible pour faire face aux défis que ces changements présentent.

Qui/quoi vous donne du support dans votre travail (PMI, outils, référence, supérieure)?

Naturellement, je prends du support auprès de mes pairs et j’utilise aussi la vision différente des autres départements pour générer de nouvelles perspectives sur les problématiques. Sans donner de détail de la problématique, discuter de celle-ci avec les collègues de la maîtrise est aussi très utile pour générer de nouvelles perspectives ou façons de faire.

Si vous aviez une recommandation pour de nouveaux gestionnaires de projet ou gestionnaire de portefeuille de projet, quelle serait-elle?

Je recommanderais d’aller chercher une expérience variée, dans différents domaines, différentes organisations. Chaque domaine d’application est différent et agrandit notre coffre à outils et notre vision de la gestion de projet. Je recommande aussi d’aller progressivement vers de nouveaux défis pour bâtir une expertise et une expérience pour faire face à de plus grandes responsabilités de manière responsable.

Je reviens sur la gestion des parties prenantes. L’impact de retard peut être limité si les parties prenantes ont bien été gérées. Je recommanderais aussi de s’assurer d’avoir un réseau de support, autant à l’interne qu’à l’externe.

Finalement, dans un domaine aussi chargeant que la gestion de projet, la formation continue reste importante et une mise à jour continue nous permet de rester à l’avant et, ainsi, d’être outillés afin de relever avec brio les défis qui s’offrent à nous.

Rédigé en novembre 2014